Mediapart - « Meeting de la marche de la dignité »

A Saint-Denis, les « racisé-e-s » lancent leur « marche de la dignité »


Vendredi soir, à la bourse du travail de la cité dionysienne, le collectif de « la marche des femmes pour la dignité » et ses soutiens ont tenu meeting pour mobiliser en vue du 31 octobre. Un rassemblement qu’ils aimeraient voir résonner comme « une déclaration d’indépendance ».

Dans la salle, ils sont beaucoup à s’être dit « Nous ne marcherons plus ». Mais dans le contexte de l’« après-Charlie », et convaincus par le renouveau militant qu’ils voient émerger, ils marcheront à nouveau. Ce vendredi soir 9 octobre à la bourse du travail de Saint-Denis, plus de 200 artistes, universitaires, militants et responsables de collectifs antidiscriminations (pour majorité franciliens) se sont retrouvés pour lancer « la marche de la dignité ». Un rassemblement qu’ils espèrent le plus ample possible le 31 octobre prochain, défilant de Barbès (l’un des derniers quartiers populaires immigrés de Paris) à la place de la Bastille.

Cette mobilisation, tous la veulent fondatrice. Ou plutôt refondatrice, plus de trente ans après la « marche pour l’égalité » de 1983. Ce traumatisme profond, pour toute une génération de militants associatifs des quartiers, et même quelques suivantes, semble s’estomper en même temps que s’organise une nouvelle jeunesse militante. Comme si la récupération par SOS-Racisme et le PS, pour un bilan très éloigné des promesses faites alors, avait enfin été digérée. Et que la colère chaotique sporadiquement exprimée dans les années 1990 et 2000 essayait enfin sérieusement de trouver un débouché politique autonome.

Désormais, pour les organisatrices du collectif « la marche des femmes pour la dignité » (Mafed), il est question de se « réinscrire dans l’histoire de nos luttes militantes pour l’égalité, qui ont été spoliées comme l’occasion de pouvoir s’en inspirer », ainsi que le dit Sihame Assbague, l’une des responsables du Mafed. « Il est important de remettre en scène les victoires obtenues par nos collectifs ou nos prédécesseurs, ajoute-t-elle. Depuis la présence de l’avocat en garde à vue ou la mobilisation pour la suppression de la double peine jusqu’à récemment et la condamnation de la France pour contrôle au faciès, en passant par la reconnaissance des droits des Chibanis de la SNCF… Ce sont des victoires venues de mobilisation des quartiers populaires. »

« On veut se réapproprier la lutte antiraciste, la reprendre à ceux qui ne l’envisagent que moralement, explique la sociologue Nacira Guénif-Souilamas. Il est urgent de repolitiser l’antiracisme moralisé, car sa dépolitisation a permis la montée du racisme d’État, qui a culminé avec le ministère de l’identité nationale. » Pour l’universitaire, le moment doit résonner comme une « déclaration d’indépendance » des « racisé-e-s » vis-à-vis « de tous ceux qui veulent les domestiquer, pour assurer une certaine forme de maintien de l’ordre ».

Lire l’intégralité de l’article ici.

Contre-attaqueR

« Islamophobie et xénophobie à l’heure de la présidentielle » : meeting à Saint-Denis le 18 décembre

#AdamaTraoré : chronique d’une affaire d’État

#MomentMarianne : chronique de cette « gauche » qui sombre

Assa Traoré : « Cette détention provisoire, c’est une vengeance insupportable du parquet de Pontoise »

« Islamophobie et xénophobie à l’heure de la présidentielle » : meeting à Saint-Denis le 18 décembre

#AdamaTraoré : chronique d’une affaire d’État

#MomentMarianne : chronique de cette « gauche » qui sombre

Assa Traoré : « Cette détention provisoire, c’est une vengeance insupportable du parquet de Pontoise »

`