Les mots sont importants

Alain Seksig invité d’une mairie de « sinistre mémoire »


L’excellent site "Les mots sont importants" publie un texte sur Alain Seksig, invité, dans les prestigieux locaux d’une mairie parisienne de « sinistre mémoire », à pérorer le 6 octobre sur la laïcité et les inévitables valeurs de la République...

L’article complet est ici.

Ancien directeur d’école, inspecteur général de l’Education Nationale, Alain Seksig s’exprime depuis 25 ans sur la question de la laïcité. Dans une tribune publiée dans Libération en 1999, il précisait que “…tout le monde se réclame de la laïcité mais sans toujours lui donner le même sens”. En effet, de même qu’il y a plusieurs conceptions des “valeurs de la République”, il existe plusieurs conceptions de la laïcité. L’historien et sociologue Jean Baubérot, auteur depuis 1990 d’une vingtaine de livres sur le sujet et membre de plusieurs commissions officielles (dont la “Commission Stasi” en 2003) a publié cette année un petit livre où il en dénombre sept (Les sept laïcités françaises, éditions de la Maison des Sciences de l’Homme).

Alain Seksig représente une conception de la laïcité parmi d’autres. Il exprime des convictions très fortes. La cible principale de son combat est le voile porté par des musulmanes. Il a d’abord combattu pour qu’une loi interdise aux élèves le port du voile musulman dans les établissements, ce fut la loi de 2004.

Il a soutenu la circulaire Chatel de 2012 qui entendait interdire aux mères voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants, considérant que leur statut s’apparentait alors à celui d’ “agent du service public” soumis à une obligation de neutralité (le Conseil d’Etat, en décembre 2013, a invalidé cette idée, réaffirmant le statut d’ “usager du service public” des parents accompagnateurs, ce qui a dans les faits rendu caduque l’application de cette circulaire).

Il a écrit en 2011 un rapport prônant l’interdiction du port du voile pour les femmes travaillant comme assistantes maternelles ou auprès de personnes âgées, ainsi que la possibilité pour les entreprises privées d’interdire le port du voile par leurs employé.e.s.

Son combat actuel concerne l’interdiction du voile dans les universités.

Ajoutons qu’il défend simultanément une école publique laïque totalement étanche à tout signe religieux et la création d’établissements confessionnels. C’est une conception du “vivre ensemble” qui mérite débat.

Etant donné la force des convictions d’Alain Seksig, il aurait sans doute été plus profitable aux enseignant.e.s convié.e.s d’assister à un débat contradictoire plutôt qu’à une conférence de deux heures.

Cela amène à se poser une deuxième question : Pourquoi l’administration lui a-t-elle demandé à lui d’intervenir ?

Est-ce parce qu’il est dans les murs (il est inspecteur général) ?

Ou est-ce le signe que le rectorat de Paris porte cette conception de la laïcité à l’exclusion des autres et veut en faire la propagande auprès des enseignant.e.s ?

Quel est l’objectif de cette “formation” ? Aider les enseignant.e.s à se poser des questions, ou leur apporter une réponse toute prête ?

Contre-attaqueR

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