QaurtiersXXI

Clavreul, commissaire politique


Dans un article bienvenu, QuartiersXXI s’interroge sur « A quoi sert la DILCRA ? », la Délégation interministérielle de lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Et au rôle de son président Gilles Clavreul, un néoconservateur.

Vous trouverez ici l’article complet.

En novembre 2014, Guyot et son équipe retournent à leur domaine de spécialité, et une nouvelle équipe se met en place sous l’autorité du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et du premier ministre Manuel Valls. C’est donc Gilles Clavreul qui est nommé délégué interministériel, après une carrière administrative marquée par un engagement néo-conservateur, puisqu’il navigue entre le sarkozysme et le vallsisme.

En effet, cet ancien de Sciences Po et énarque de la promotion Averroès (2000) commence sa carrière en devenant chef de cabinet de Michel Gaudin, préfet du Gard, qui fait partie, comme Claude Guéant, des plus fidèles lieutenants de Nicolas Sarkozy. Gaudin a été directeur général de la police nationale, directeur de cabinet de Sarkoy au ministère de l’Intérieur (2002-2004), préfet de police de Paris (2007-2012) et, après la défaite aux élections présidentielles, directeur du cabinet personnel de Sarkozy. C’est dire la proximité qu’il y a entre eux.

Clavreul suit les pas de son mentor dans la Sarkozie et occupe un poste stratégique au ministère de l’Intérieur : la gestion du corps préfectoral et des administrateurs civils (2007-2012). Or, « dans cette position administrative, M. Clavreul a assisté pendant cinq ans à la mise à l’écart de certains fonctionnaires estampillés à gauche [5] ». En effet, Sarkozy est soupçonné d’avoir commandité une enquête contre des policiers jugés de gauche et c’est Gaudin qui a signé les arrêtés de suspension visant les fonctionnaires accusés. La justice est saisie de ce dossier et, le 17 décembre 2013, Gaudin et Guéant sont placés en garde à vue, sans que cette affaire n’éclabousse Clavreul. C’est donc avec étonnement que les cadres du Parti socialiste le voient arriver au cabinet de l’Élysée, désigné « conseiller pour les affaires intérieures ». Encore un signe de la convergence entre la droite décomplexée (UMP-LR) et la droite complexée (PS)...

Les compétences du commissaire politique Clavreul sont ainsi utilisées à bon escient par Hollande. Il est à la manoeuvre dans l’« affaire des majordomes de l’Élysée » (photos volées de l’intimité de Hollande, et publiées dans Voici en 2013) [6]. Avec la directrice de cabinet, Sylvie Hubac, il mène l’enquête et plusieurs employés de l’Élysée sont licenciés ou mutés ailleurs. On peut donc dire que Clavreul n’a (strictement) rien à voir avec l’antiracisme. Il fait même partie de ces haut-fonctionnaires qui ont mis en pratique la politique xénophobe des gouvernements successifs. Qu’en est-il de son équipe ?

Réda Didi est adjoint au délégué entre 2014 et septembre 2015. Cet ancien responsable des Verts de Meaux est le fondateur, en 2009, du think-tank Graines de France. Dans son association ou à la fondation Jean Jaurès, il surfe sur l’air du temps, l’« empowerment » et le « community organizing » des quartiers populaires, mais parvient surtout à s’auto-promouvoir et à se positionner dans les structures du pouvoir politique où sa pseudo-expertise en quartiers populaires, voire en terrorisme international, est valorisable (et monnayable). Son action au DILCRA n’a pas vraiment marqué l’histoire de l’antiracisme, mais il semble avoir les faveurs du PS, puisqu’il a été récemment propulsé « conseiller en charge des associations, de la citoyenneté et de la lutte contre les discriminations » au ministère de la Ville. La lèche paie.

Les autres membres du DILCRA sont des purs produits de l’appareil partisan « socialiste » et des fidèles de Clavreul : la cheffe de cabinet, Corine Maugée, a été chargée de mission à la Présidence de la République ; l’autre adjointe, Danièle Hoffman-Rispal, a été conseillière municipale de Paris, adjointe de Bertrand Delanoé (1995-2008), et députée de Paris (2002-2012) ; la conseillère Education Johanna Barasz est une historienne [7] qui devient coordinatrice du pôle éducation du PS, puis conseillère technique du cabinet du ministre de l’Éducation Vincent Peillon (en charge notamment de la Charte de la laïcité et de l’enseignement moral et civique) ; Marion Bougeard, conseillère relations internationales, culture et communication, était communicante chez Euro RSCG, journaliste économique, puis... conseillère en communication du menteur Jérôme Cahuzac, alors ministre du Budget.

Contre-attaqueR

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