Lycée Averroes

Condamnation de la calomnie


Averroès_Miniature.6 NAYLA LTC-HANNA

« Pourquoi j’ai démissionné du lycée Averroès. » Sous ce titre, un enseignant dénonçait cet établissement privé musulman réputé jusque-là pour ses excellents résultats. Il a été condamné pour diffamation.

Le 5 février 2015, le quotidien Libération publiait, sur deux pages, le témoignage accablant d’un enseignant « Pourquoi j’ai démissionné du lycée Averroès ». Ce lycée musulman, jusque-là connu pour l’excellence de ses résultats était accusé de tous les maux et la conclusion de l’enseignant accablante :

« En réalité, le lycée Averroès est un territoire « musulman » sous contrat avec L’Etat… D’ailleurs, certains collègues musulmans masculins se sont permis de faire des remarques sur des tenues vestimentaires de collègues féminines non musulmanes, sous prétexte qu’elles n’étaient pas conformes à l’éthique du lycée ! Et l’une de ces collègues féminines non musulmane m’a dit un jour également qu’elle ne se sentait pas « légitime » (sic) dans le regard de ses élèves, parce qu’elle n’était pas musulmane précisément… »

L’article, dans le contexte de l’après-Charlie aurait pu valoir au lycée bien des ennuis, voire l’accusation d’entreprise terroriste ! Il fallut une semaine à Libération pour donner la parole aux intéressés, élèves et enseignants : « Professeurs et anciens élèves défendent l’établissement privé musulman après la démission d’un enseignant qui dénonce dérapages islamistes et prosélytisme. »-. Ainsi donc le quotidien avait publié un texte accusateur sans même se donner la peine de savoir si l’auteur n’était pas un mythomane, un menteur, un affabulateur. Il est vrai qu’il s’agissait d’un lycée musulman et que donc il était a priori coupable.

L’histoire vient de connaître un épilogue judiciaire, comme le rapporte lemonde.fr du 4 septembre 2015, « L’enseignant qui dénonçait les dérives du lycée musulman Averroès condamné »

« Le tribunal a déclaré coupable Soufiane Zitouni, "car il n’y avait pas d’éléments de preuve, de documents de nature à justifier" ses propos. Condamné à une peine d’amende de 10 euros pour les faits de diffamation, de 10 euros pour injures, et à 1 euro pour les dommages et intérêts, il doit également rembourser à la partie civile les frais de procédure judiciaire. Le professeur avait choisi de se défendre seul, sans avocat, car, dit-il, "je pensais qu’on pouvait rester au stade verbal, dans le débat d’idées, mais quand on a affaire à l’administration, c’est très technique. La justice française est kafkaïenne". »

« A la sortie du tribunal, Soufiane Zitouni a annoncé qu’il ferait appel : "Je vais prendre un avocat. Il y aura un vrai procès avec des preuves tangibles et des témoignages. Je suis serein. Ça ne me déstabilise pas, car je n’en fais pas une affaire personnelle mais collective." Inquiet de voir "un islam particulier s’imposer de plus en plus en France, un islam qui confond politique et spiritualité, celui des femmes voilés, celui qui manque d’humour", Soufiane Zitouni prévient que le procès du lycée Averroès va devenir celui de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). »

Les écoles privées musulmanes forment-elles les futurs terroristes ? Rappelons que les frères Kouachi et Coulibaly avaient été formés par l’école laïque et publique de la République. Comme le disait avec beaucoup d’humour un tweeteur tunisien : « Les frères Kouachi et Colulibaly sont français. Mais ne vous inquiétez pas, tous les Français ne sont pas comme eux. »

Contre-attaqueR

« Islamophobie et xénophobie à l’heure de la présidentielle » : meeting à Saint-Denis le 18 décembre

#AdamaTraoré : chronique d’une affaire d’État

#MomentMarianne : chronique de cette « gauche » qui sombre

Assa Traoré : « Cette détention provisoire, c’est une vengeance insupportable du parquet de Pontoise »

« Islamophobie et xénophobie à l’heure de la présidentielle » : meeting à Saint-Denis le 18 décembre

#AdamaTraoré : chronique d’une affaire d’État

#MomentMarianne : chronique de cette « gauche » qui sombre

Assa Traoré : « Cette détention provisoire, c’est une vengeance insupportable du parquet de Pontoise »

`