« Les pressions politiques et policières doivent cesser » : communiqué de la famille Traoré


La rédaction

Nous publions ici le dernier communiqué de presse de la famille d’Adama Traoré, mort dans la cour de la gendarmerie de Persan le 19 juillet 2016. Depuis, la famille fait face à des pressions émanant de la municipalité et de la gendarmerie...

Que cherchent les forces de l’ordre et la municipalité de Beaumont-sur-Oise ? C’est la question que nous nous posons après les événements survenus ce jeudi 18 novembre en marge du conseil municipal. En tant qu’habitants de Beaumont, nous nous y sommes rendus afin d’exprimer notre incompréhension face à la plainte de Nathalie Groux, maire de la ville, contre Assa Traoré…et nous avons été accueillis par les gendarmes et la police municipale. Une honte !

Alors même que la séance était ouverte au public et qu’il restait de la place dans la salle, les gendarmes nous ont bloqués à l’entrée, prétextant mille et une choses pour nous empêcher d’assister au conseil. Face à notre insistance légitime, ils ont répondu par du gaz lacrymogène, touchant notamment la belle-mère d’Adama Traoré et un bébé…La situation aurait pu dégénérer mais les proches du défunt ont pris sur eux et ont fini par rentrer au quartier.

À peine arrivés à Boyenval, nous avons eu le droit à une violente descente d’une centaine de gendarmes venus en découdre. Ils prétendent s’être déployés après des tirs de mortiers mais aucun d’entre nous n’en a entendus. Craignant un nouveau drame, nous avons tout fait pour éviter une confrontation entre les forces de l’ordre et les jeunes mais certains, dont le petit frère d’Adama Traoré, ont fini tabassés par plusieurs gendarmes. Une plainte va d’ailleurs être déposée.

Ces violences sont inadmissibles. Quand tout ceci va-t-il cesser ? Depuis la mort d’Adama, le quartier fait face à de nombreuses pressions politiques et policières. Il faut que ça s’arrête. Devons-nous rappeler que nous sommes les victimes dans cette histoire ?

C’est nous qui avons perdu un frère dans d’atroces conditions le jour de son 24e anniversaire. C’est nous qui avons dû faire face aux mensonges du procureur de Pontoise, aux déformations médiatiques, aux découvertes douloureuses sur la manière dont est décédé notre frère, aux violences policières, au mépris politique et à un sentiment d’injustice persistant auquel vient de s’ajouter cette plainte contre Assa Traoré. Ironie du sort, la maire de Beaumont (qui n’hésite pas sur son compte Facebook à appeler les « citoyens de souche » à s’armer pour aider la police) n’avait eu aucune considération pour notre famille jusqu’alors. Sans doute faut-il prendre cette plainte et l’envoi de la police municipale comme la présentation de ses condoléances…

Depuis le début, que ce soit à travers le traitement médiatique, politique, judiciaire ou policier de cette affaire, tout se passe comme si nous étions les coupables. Nous ne voulons que la vérité et la justice pour Adama Traoré, et pour toutes celles et ceux qui ont perdu la vie dans des conditions similaires. Est-ce trop demandé ?

Visiblement oui.

Mais aucune de ces pressions, aucune de ces tentatives d’intimidation, aucune de ces violences ne nous feront taire. Au contraire, elles alimentent chaque jour un peu plus le combat que nous menons et que nous sommes déterminés à renforcer jusqu’au bout. À ce titre, nous remercions toutes les personnes qui nous soutiennent et les invitons à venir nous donner de la force lors du prochain conseil municipal qui aura lieu ce mardi 22 novembre, à 20h45, à la Mairie de Beaumont-Sur-Oise.

Contre-attaqueR

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