Communiqué

Relaxe pour Marine Le Pen dans le procès sur les « prières de rue ».


Aujourd’hui mardi 15 décembre 2015, le TGI de Lyon a rendu son jugement dans l’affaire qui opposait Marine le Pen au CCIF, au MRAP, à la LICRA et à la Ligue Judiciaire de Défense des Musulmans. Malgré la gravité des propos qui avaient été tenus et par lesquels elle avait comparé les prières de rues à l’Occupation nazie, le Tribunal a prononcé la relaxe.

Le procureur Bernard Reynaud l’avait requise le 20 octobre dernier, estimant que "Mme Le Pen, en dénonçant ces prières dans l’espace public, imputables non à l’ensemble de la communauté musulmane mais à une minorité, n’a fait qu’exercer sa liberté d’expression".

La culpabilité de la présidente du Front National est donc écartée. La « provocation à la discrimination, à la violence et à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur religion », n’est pas reconnue. Les déclarations litigieuses avaient été prononcées lors d’un meeting à Lyon organisé dans le cadre de la campagne interne pour la succession de Jean-Marie Le Pen.

Elle avait alors déclaré :

« Il y a quinze ans on a eu le voile, il y avait de plus en plus de voiles. Puis il y a eu la burqa, il y a eu de plus en plus de burqa. Et puis il y a eu des prières sur la voie publique (...) Maintenant il y a dix ou quinze endroits où de manière régulière un certain nombre de personnes viennent pour accaparer les territoires. Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire. C’est une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s’applique, c’est une occupation. Certes y a pas de blindés, y a pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants. »

En octobre, alors que Marine Le Pen répondait de ses déclarations devant la chambre correctionnelle, nous écrivions « Dans une France multiculturelle encore meurtrie par les évènements de janvier, il appartient à tous de ne pas favoriser la normalisation d’un discours stigmatisant, créateur de peur et de division entre les citoyens français. ». Aujourd’hui, après les attentats du 13 novembre 2015, ce constat est encore plus vrai.

Cette relaxe marque, une nouvelle fois, la légitimation et la banalisation de l’islamophobie et des discours de haine qui la véhicule. Alors même qu’elle s’était exprimée publiquement, la défense de la liberté d’expression l’a emporté sur l’incitation à la haine.

Le CCIF, qui avait porté plainte suite à ces propos, s’était battu pour que l’immunité parlementaire de Marine Le Pen soit levée, et pour qu’elle soit jugée. La présidente du Front National a donc été contrainte, après quatre années d’une procédure complexe, de répondre de ses déclarations devant la justice.

Si aujourd’hui la relaxe a effectivement été prononcée, le procès en lui-même reste une victoire. L’islamophobie doit être reconnue et condamnée. Elle n’est pas une opinion mais bien un délit, et le CCIF continuera à porter les discriminants devant la justice avec fermeté et avec la volonté affirmée que la justice reconnaisse enfin la gravité des propos islamophobes.

Le CCIF s’apprête à étudier le jugement, et décidera en conséquence des suites à donner à cette affaire.

Contre-attaqueR

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