Ali Ziri, un non-lieu définitif et l’impunité policière


Ce mardi 16 février 2016, la Cour de cassation a décidé d’enterrer 6 ans de combat judiciaire opposant les proches d’Ali Ziri aux policiers qui lui ont ôté la vie. En confirmant le non-lieu prononcé par la Cour de Rennes fin 2014, la plus haute juridiction de France vient ainsi alimenter une longue tradition d’impunité policière.

La mort d’Ali Ziri remonte au 11 juin 2009. Deux jours auparavant, son ami Areski Kerfali (60 ans) et lui sont interpellés et conduits au commissariat d’Argenteuil. Ali Ziri, alors âgé de 69 ans, quittera les lieux dans le coma et décédera à l’hôpital 48h après. Là où les proches et voisins pressentent très vite une mort due à des violences policières, le procureur défend la thèse du « décès suite à une malformation cardiaque ». L’affaire est classée sans suite...

C’était sans compter la détermination de la famille et de militants réunis au sein du Collectif Ali Ziri, créé deux semaines après la mort du chibani. Une contre-expertise est alors commandée ; elle révèle la présence d’une vingtaine d’hématomes sur le corps de la victime, certains larges de 17 cm ! La thèse de la mort accidentelle ne tient plus. Les parties civiles accusent les policiers d’avoir eu recours à la technique du pliage qui, comme son nom l’indique, consiste à plier en deux les éventuels récalcitrants. Bien que cette méthode ait été reconnue dangereuse par la Commission nationale de déontologie de la sécurité et interdite depuis 2003 pour la police de l’air et des frontières, il semblerait que de nombreux policiers continuent à l’utiliser (voir par exemple ici http://www.lexpress.fr/actualite/so... ou là http://www.liberation.fr/societe/20...)

Les éléments sont là mais la justice résiste. Après un long renvoi de balles, la Cour de cassation a finalement estimé qu’aucune faute n’avait été commise. Pour le Collectif Ali Ziri, cette décision est d’autant plus incompréhensible que c’est la Cour de cassation elle-même qui, en février 2014, avait ordonné que l’affaire soit à nouveau jugée. « Cela nous incite à penser qu’il y a bien un deux poids deux mesures dans notre justice. Lorsqu’on est policier, on est au-dessus d’elle, au point qu’on peut se permettre d’ignorer la loi. Lorsqu’on est un simple citoyen, de surcroît d’origine maghrébine, on reste en dessous de la loi, au point que la justice ignore vos droits » ont-ils expliqué dans un communiqué. Une réalité récemment rappelée par la Cour d’appel de Bobigny qui a, contre l’avis même de l’avocat général, acquitté le policier accusé d’avoir tué Amine Bentounsi d’une balle dans le dos http://bondyblog.liberation.fr/2016....

Pour autant, la famille est déterminée à aller jusqu’au bout de sa quête de vérité et justice. Prochaines étapes donc : la Cour européenne des droits de l’Homme et une plainte contre l’État au tribunal administratif. D’ici là, le Collectif Ali Ziri promet de rester mobilisé et « solidaire du combat des familles de toutes les autres victimes » de crimes policiers. On les croisera donc certainement à la manifestation contre les violences policières prévue le 19 mars prochain, à 14h au départ de Gare du Nord.

Contre-attaqueR

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