#FreeMoussa

Moussa enfin libre !


L’équipe de Contre-attaque(s)

Plus de 400 000 personnes ont signé la pétition pour la libération de Moussa, jeune humanitaire français originaire de Montreuil détenu injustement au Bangladesh depuis le 22 décembre 2015. Après près de 3 semaines d’incarcération, la nouvelle est tombée ce matin, Moussa est officiellement libre. Ce n’est sûrement pas grâce à Manuel Valls, qui avec cynisme, balayait la question d’un jeune homme venu l’interpeller hier à Evry sur ce que comptait faire l’état français pour la libération de Moussa. Une affaire qui met en lumière le mépris de l’état et de son gouvernement face à une partie de sa population qui n’a pour seul tort d’être visiblement musulmane et engagée.

Mise à jour d’informations Mercredi 13 janvier :

Mercredi 13 janvier 2016, Moussa a été réincarcéré. Voir notre article sur le sujet ici.

Message Facebook de l’ONG BarakaCity - Mardi 12 janvier 2016 :

"De bon matin nous vous annonçons qu’à l’issue de l’audience concernant Abdulsalam, le traducteur de Moussa est lui aussi libre ! (...)
Nous espérons avoir, insha a Allah, plus d’informations sur le dossier de Moussa. Car même s’il a été libéré et que le juge a permis une libération sous caution face aux accusations de terrorisme dont il a été innocenté, nous restons sur nos gardes quant aux procédures obligatoires et administratives, et les diverses et éventuelles contraintes qui peuvent s’imposer (probabilité d’une interdiction de sortie de territoire jusqu’à la clôture finale de son affaire). Nous aurons plus d’informations à ce sujet (...) et nous serons fixés pour la suite des procédures. Malgré tout, nous sommes soulagés et très heureux de savoir que dans près de 48 heures, nous aurons les premières images, les premières impressions de Moussa concernant son incarcération et sa libération. Nous pourrons échanger avec lui sans contraintes, sans craintes pour sa sécurité, ou pour ses conditions physiques, insha Allah."

Il voulait défendre la cause des Rohingyas

C’est durant un voyage humanitaire pour venir en aide à la communauté Rohingya, la minorité la plus persécutée au monde selon l’ONU, qu’il a été arrêté. Moussa Tchantchuing était interpellé et placé en détention à Cox’s Bazar, dans le sud du pays. Les autorités bangladaises lui reprochent alors de ne pas les avoir informées de son travail auprès de la minorité Rohingya et d’utiliser son nom de conversion au détriment de son nom officiel, à savoir Maxime Puemo Tchantchuing. Il est alors accusé « d’activités suspectes en lien avec le terrorisme » et « d’avoir utilisé une fausse identité ».

Ce que la famille et les proches de Moussa récusent fermement à travers un communiqué et mettent en lumière l’homme de coeur qu’il est vraiment : “ce sont des accusations injustes et infondées visant un homme qui a passé ces dernières années à tenter d’améliorer le quotidien des plus démunis, en France comme à l’étranger. Tous ses proches, tous les bénévoles et bénéficiaires qu’il a croisés parlent de ce jeune français de 28 ans comme un homme dévoué et rigoureux, un homme au « coeur grand et lumineux » qui passait le plus clair de son temps à organiser des maraudes à Paris ou à plaider la cause des Rohingyas notamment en Asie du Sud (Birmanie, Malaisie, Bangladesh…). C’est en militant des droits humains qu’il s’y est d’ailleurs rendu une nouvelle fois en décembre. Il voulait simplement visiter les écoles et camps de réfugiés Rohingyas.”

Les citoyens au secours de Moussa

C’est à ce titre de militant et d’humanitaire français et musulman que la mobilisation autour de la libération de Moussa a reçu un énorme écho. L’ONG Baraka City, pour laquelle il travaillait, a lancé très rapidement une mobilisation via une pétition en ligne et les réseaux sociaux. “La pétition a permis une intervention rapide du quai d’Orsay et des services consulaires français. Moussa Tchantchuing a ainsi reçu la visite de M. Bernard Regembal, consul de France au Bangladesh.” explique la famille. Le hashtag #FreeMoussa est lancé et les citoyens se mobilisent massivement pour sa libération. Les tweets et les statuts facebook se multiplient. Ces dernières semaines, plusieurs manifestations ont eu lieu à travers la France pour rompre le silence assourdissant de l’état Français.

En effet, malgré le rendez-vous avec le consul de France au Bangladesh, dans cette affaire, l’état Français et les élus de la république étaient absents de la mobilisation citoyenne. Pire, le premier ministre Manuel Valls s’est fendu, hier le dimanche 10 janvier, d’une phrase incroyable lorsqu’il est interpellé par un des membres de l’ONG Baraka City qui dans un premier temps lui demande de faire une photo. Suite à son refus, il lui pose la question : "que comptez vous faire pour Moussa ressortissant français emprisonné ?" A cela, Manuel Valls de répondre :"C’est pour ça qu’on fera pas de photo".

Une sortie de Manuel Valls qui a suscité l’indignation des internautes face au cynisme de l’état et des autorités françaises sur le sort de Moussa, humanitaire Français qui n’a pour seul tort d’être musulman pratiquant et de défendre les droits des Rohingyas.

Depuis l’annonce de sa libération ce matin, quelques élus ont faire part de leur satisfaction.

Benoît Hamon, ancien député européen socialiste.

Alexis Bachelay, député de la 1ère Circonscription des Hauts-de-Seine.

Razzy Hammadi, Député de Seine-Saint-Denis (Montreuil-Bagnolet).

Un goût amer

Même si Razzy Hammadi évoque, sur sa page facebook, le travail de l’ambassade et des services consulaires durant toute l’incarcération de Moussa, il n’en reste pas moins un goût amer face à une absence de mobilisation médiatique et politique visible. A l’heure où est invoqué l’esprit du 11 janvier 2015 et la cohésion nationale, le traitement de l’incarcération de Moussa par les autorités politiques révèle un symptôme profond de l’état Français de mépris vis à vis d’une partie de sa population. Etat d’urgence, déchéance de la nationalité des binationaux, condamnation en demi-teinte des manifestations islamophobes et des appels au meurtre à l’encontre de la communauté musulmane en Corse, perquisitions abusives contre des citoyens français de confession musulmane...etc. La liste est encore longue. Quand la France va-t-elle réagir et enfin dire stop à cet emballement islamophobe et ces discriminations manifestes qui émanent de ces plus hautes instances dirigeantes ?

La fracture est là, elle devient béante.

Contre-attaqueR

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