#MomentMarianne

La ligne éditoriale de « Marianne » ? Ce sont ses lecteurs qui en parlent le mieux


La rédaction

Pour ce numéro de Marianne, nous avons négligé la Une qui annonçait une « polémique » sur « l’islamiste qui squatte les plateaux télé » ou la chronique de dernière page de Caroline Fourest qui nous explique que « Manuel Valls se montre moins vigilant envers le cléricalisme qu’envers l’islamisme » pour nous intéresser au courrier des lecteur-rices.

N°1033 du 13 au 19 janvier 2017

Le courrier des lecteurs donne de précieux indices sur l’image qu’une rédaction se fait de son lectorat, et sur l’image qu’elle entend donner de sa ligne éditoriale à travers le choix des messages qu’elle décide de publier.

Page 50, un lecteur indique que « Marianne est en voie de s’imposer comme unique (maheureusement !) hebdo laïque », mais exprime un regret : « l’excellent article de Renaud Dély titré “Barbarie sans frontières” (n°1030-1031) » que nous avions chroniqué (voir à ce lien) « met en avant le ’cancer djihadiste’ et non le ’cancer islamique’ ». Et le lecteur de s’interroger : « Pour ne pas être accusé d’islamophobie ou parce qu’il est piégé par les islamistes qui imposent le mot et poussent au djihad ? » Revenant sur ce mot, le courrier rappelle qu’il a au moins deux sens, dont un est « parfaitement respectable ». Il n’en reste pas moins que « pour le lecteur moyen », c’est un terme assez vague. « Islamique », lui, est précis, car « les combattants et terroristes qui menacent la civilisation et massacrent à tout-va se réclament tous de l’islam, quelles que soient les explications et arguties économiques, sociétales, postcoloniales et psychofreudiennes avancées par les gaucho-compatibles et autres dangereux zozos. »
Ce courrier est emblématique de l’islamophobie républicaine à la Marianne, qui, sous couvert de distinction de sens purement formelle, joue sur l’ambiguïté des mots qu’elle utilise pour tisser des liens entre terroriste, djihadiste, islamiste, islamique et musulman. Et pour invalider le discours de celles et ceux qui luttent contre le racisme anti-musulman.

Page 52, un autre lecteur confesse que « les articles de Caroline Fourest sont toujours un bonheur de lecture ». Pourtant, la tribune de la polémiste du numéro 1030-1031 consacrée aux crèches en mairie l’a laissé perplexe. Non pas parce que l’analyse, comme nous l’avions alors chroniquée, n’était qu’un prétexte pour une nouvelle fois parler d’islam. Mais bien parce que Laurent Wauquiez, critiqué par la polémiste, serait victime d’une campagne de la « gauche bien-pensante » qui a trouvé en lui son « exutoire » alors qu’il « réaffirme, d’une manière provocatrice, les racines judéo-chrétiennes de la France ». « Il ne fait que répondre aux revendications incessante d’un islam conquérant devant lequel une gauche bien-pensante fait preuve d’une cécité électoraliste... ». La ligne éditoriale de Marianne, ce sont ses lecteurs qui en parlent le mieux.

Retrouvez les chroniques des numéros précédents de Marianne à ce lien.

Contre-attaqueR

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