De gauche ?

Le printemps républicain en 5 tweets

Jerôme Martin /

Jerôme Martin

Enseignant et membre du CEAL (Collectif des enseignant·es pour l’abrogation de la loi du 15 mars contre le voile à l’école) Ancien militant d’ Act Up-Paris, blogueur.

Hier, dimanche 20 mars, se tenait le « Printemps Républicain », un rassemblement de personnalités de gauche comme Fadela Amara, Gilles Clavreul, Frédérique Calandra ou encore Fleur Pellerin. L’occasion d’un débat sur les réseaux par les internautes qui ont tourné en dérision les propos de ces adeptes d’une laïcité ferme et autoritaire, qui n’hésitent pas à clamer, à la manière d’Elisabeth Badinter, « n’ayez pas peur du mot "islamophobe" ». Retour sur l’essentiel et en décalé en cinq tweets.

1.D’abord, un mot d’accueil de la maire du vingtième arrondissement

Réarmer la République ? L’élue sait de quoi elle parle, elle qui parle de « défoncer » Rokhaya Diallo ; elle qui utilise l’arme de son mandat pour interdire des débats sur le féminisme ; elle qui utilise l’arme judiciaire pour porter plainte contre des militantes féministes lorsqu’elles condamnent cette tentative de censure.

2.Un conducteur de la RATP à la tribune fait part de sa vision des choses tout en nuances

En réaction, des twittos ont ouvert le hashtag #Tweetcommeleprintempsrépublicain : « A Rennes il y a une ligne de métro où tu rentres pas sans bigoudène », « Dans l’Est de Toulouse il y a une ligne de bus où tu peux pas rentrer si tu portes pas un maillot de rugby ».

Sihame Assbague de la rédaction de Contre-attaque(s) et Widad Ketfi, journaliste ont interviewé ce matin, Roberto, un chauffeur de bus du nord de Paris pour lui demander son avis sur les propos tenus. Retrouvez l’interview contre-enquête ici.

3. Pas de mouvement réactionnaire sans son instant-dénégation

Donc, dire que des lignes de bus du nord de Paris sont monopolisés par des barbus serait une saine critique de l’islam, et non des propos stigmatisants et racistes. Le printemps républicain ne veut pas du concept d’islamophobie, mais il la pratique avec un entrain certain.

4. Pas de mouvement réactionnaire sans son instant-Protégeons-les-Enfants-des-viles-influences

Les enfants peuvent s’habituer aux profs non remplacé-es, à la disparition des heures d’aide, au manque de personnel pour accompagner les élèves handicapé-es (voir par exemple à ce lien), à l’amiante dans les établissements, aux inégalités de financement public en fonction du territoire. Ce qui compte, c’est que ces enfants ne s’habituent pas aux voiles.

5. Pas de mouvement réactionnaire sans son instant-Raffarin

Ah, la France d’en bas : Causeur, Marianne, la maire du vingtième, ses conseiller-es municipaux-les, ses députés, ancienne ministre, universitaires, ses chefs d’entreprise, ses éditorialistes médiatiques !

Bonus : le Grand remplacement et Ce n’est qu’un au revoir !

Pas de mouvement réactionnaire sans son hommage à Houellebecq et Camus (Renaud, hein) :

Pas de mouvement réactionnaire sans une menace de suite :

« Des réunions nombreuses » : deux en six mois. Comment allons-nous tenir ce rythme effréné ? Rendez-vous donc, le 21 septembre pour le prochaine meeting.

Mise à jour

Selon le community manager du printemps français républicain, la discrimination anti-barbe sur cette mystérieuse ligne de bus du nord de Paris, ne concerne pas les passagErEs, mais bien les conducteurRICEs :

Contre-attaqueR

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