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« Marianne » et Fourest, le ridicule qui ne tue pas

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Chaque semaine, retrouvez une chronique de la ligne éditoriale de l’hebdomadaire Marianne. Dans cette édition, Juilliard nous explique que le peuple veut le racisme et Fourest plagie Gilles Kepel (à moins que ce ne soit l’inverse).

N°1032 du 6 au 12 janvier 2017

Page 6, dans un éditorial intitulé « Au secours ! Les bobos reviennent ! », Jacques Juillard écrit : « Non, le peuple ne veut pas de la libanisation de la France. Il ne veut pas non plus de la ’laïcité ouverte’, trop souvent ouverte à l’islamisme, surtout quand elle émane de bouffeurs de curés. Il ne veut pas du ’sans-frontiérisme’ qui est le reniement de la nation, celle de Valmy et du Conseil national de la Résistance. » Page 13, il assure que les Français ne veulent pas d’une réforme constitutionnelle. Puisque Juillard sait si bien ce que veut ou ne veut pas le peuple, il semble inutile d’organiser des élections. Laissons le racisme républicain diriger le pays.

Page 35, Louis Haushalter revient sur les propos du député-maire UDI de Drancy, Jean-Christophe Lagarde, qui attribue la fermeture de PSA Peugeot-Citroën (Aulnay-Sous-Bois) « à l’omniprésence religieuse et au fait qu’il y avait des exigences religieuses au travail ». Haushalter critique cette position, non parce qu’elle est islamophobe, mais hypocrite : Lagarde serait lui-aussi un communautariste ? il aurait caché à ses administrés qu’une salle polyvalente construite par la mairie allait servir à une mosquée. Une autre preuve de sa terrible complicité à l’islamisme : un des terroristes du Bataclan vient de Drancy, et le maire n’a pas fait son mea culpa à ce sujet.

Page 90, Caroline Fourest rend les anti-racistes responsables des morts des attentats de 2015. Sa chronique est intitulée « ’Islamophobie’, un mot qui tue ». Caroline Fourest est connue pour avoir forgé de toute pièce une étymologie fantaisiste au mot « islamophobie ». Elle en a fait un terme forgé par les mollah iraniens dans les années 1970 pour stigmatiser des personnes qui critiqueraient l’islam. En réalité, le terme était déjà utilisé par l’administration coloniale en Algérie au début du XXe siècle. Fourest dut reconnaitre son mensonge, pardon, son erreur. La révélation d’une telle malhonnêteté, pardon, d’une telle incompétence, pousserait toute personne de bonne foi à un peu de prudence quand elle aborde le sujet. Au contraire, Caroline Fourest assène avec autorité les mêmes mensonges depuis des années, et franchit un nouveau seuil dans l’invective, faisant écho à l’interview de Gilles Kepel dans Charlie Hebdo, parue deux jours avant.

Elle révèle qu’elle savait dès 2003, avec Charb, que le terme « islamophobie » allait tuer. « Nous ne sav(i)ons pas quand. Ni qui. » Elle précise que c’est un « mot glissant qui assimile toute critique de la religion ou du fanatisme à de la xénophobie » . Ne pouvant plus mentir sur l’étymologie, Fourest ment sur la définition. Comme le rappelle le CCIF face aux mensonges de Gilles Kepel, la définition de l’islamophobie « l’ensemble des actes de discrimination ou de violence qui visent des institutions ou des individus en raison de leur appartenance, réelle ou supposée, à la religion musulmane » exclut la critique des religions et des idéologies.

Fourest ne nie pas l’existence d’un racisme anti-musulman, mais elle refuse que les premier-es concerné-es puissent le nommer et en désigner les critères. Elle enchaine : « Je me fiche des frères K, ces pantins décérébrés. J’en veux à ces lanceurs de pierres. À ceux qui leur désignent des cibles. A ceux qui donnent un sens à leurs crimes, en rejetant la faute sur Charlie, la France et sa laïcité. » Le CCIF est évidemment visé, accusé de gonfler les statistiques. Mais bizarrement, ni l’ONU, ni le Conseil de l’Europe, qui utilisent le terme d’islamophobie sans se rendre compte qu’ils sont les complices des attentats.

Elle annonce qu’un massacre contre des musulman-es aura bientôt lieu, mais qu’il n’est pas encore arrivé. Et ce massacre à venir, ce ne sont pas les racistes qui en seront responsables : « A force de crier au loup, le loup sortira de sa boîte, et plus seulement des urnes. »

Résumons : les militant-es de l’antiracisme politique sont responsables des attentats ; ils et elles seront responsables des agressions contre les musulman-es. « Le racisme, ça commence par des mots », rappelait une campagne du gouvernement. Fourest précise : ça commence par les mots des antiracistes.

Retrouvez les chroniques des numéros précédents de Marianne à ce lien.

Photo : Par Jérôme Choain — Flickr : [1], CC BY 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16100954

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